Nouveau gouvernement : parité totalement respectée.

La composition du  nouveau gouvernement a été dévoilée en début de soirée mercredi 16 mai, peu après la succession officielle de Jean-Marc Ayrault  à François Fillon, à l’hôtel Matignon. Pour la première fois, la France est dotée d’un gouvernement totalement paritaire puisque composé de 34 ministres, dont 17 femmes.

Au ministère des affaires sociales et de la Santé : quatre femmes à la barre .

La députée d’Indre et Loire de 53 ans, Marisol Touraine, a été nommée, sans surprise, Ministre des Affaires sociales et de la Santé. Fille du célèbre sociologue Alain Touraine, normalienne, agrégée d’économie, elle est connue à l’assemblée comme l’une des rares spécialistes des questions de sécurité sociale et de santé qui n’appartient pas monde médical. Mais pour le grand publique, c’est un nouveau visage car elle n’a jamais eu de fonctions dans un gouvernement précédent.

La ministre des affaires sociales et de la Santé aura aussi la responsabilité du budget de la sécurité sociale. Le ministre du budget Jérôme Cahuzac aurait souhaité mettre la main sur la sécurité sociale, mais, selon le Journal du Dimanche daté du 20 mai, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a tranché en faveur de Marisol Touraine par souci« de cohérence ». Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Bercy avait dans ses attributions à la fois les comptes de l’État et les comptes sociaux. Le retour de ces derniers au ministère des affaires sociales est une victoire pour la numéro six du gouvernement.

Trois femmes ministres déléguées l’accompagneront dans ses missions : Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, et la cancérologue Michèle Delaunay ministre déléguée aux personnes âgées et dépendance.

Marisol Touraine sous les projecteurs.

Elle est dès aujourd’hui mise à l’épreuve, afin de tenir l’engagement de François Hollande, sur le retour de l’age de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler jeunes et qui ont suffisamment cotisé. Tous les syndicats demandent à la rencontrer afin d’être consultés dans le cadre de la rédaction du décret qui devrait être publié d’ici un mois. Certes, elle les a déjà régulièrement consultés depuis la réforme de 2010 sur les retraites, qu’elle a combattue à l’Assemblée. Mais les syndicats souhaitent aborder des points qui ne figuraient pas dans le programme du candidat Hollande, en particulier ils demandent que les périodes de chômage soient prises en compte. Pour d’autres dossiers d’actualité brullante, Marisol Touraine connaît peut-être un peu mieux les syndicats de médecins libéraux, avec lesquels elle devra négocier la question des dépassements d’honoraires. Là encore, le calendrier sera serré, le président de la République s’étant engagé à prendre des mesures dans la loi de financement de la Sécurité sociale, qui sera votée cette automne, si les médecins ne parviennent pas à s’entendre avec l’Assurance-maladie et les complémentaires santé.

L’hôpital entreprise, on tourne la page !

L’honneur de la première visite de la nouvelle ministre a été accordé au centre hospitalier de Saint Denis (Seine-Saint-Denis). Durant cette visite elle a rendu hommage « à celles et ceux qui travaillent dans le service public, qui s’engagent au service des autres ». Même si « évidemment l’hôpital public n’est pas tout le système de santé », a-t-elle ajouté, évoquant les médecins libéraux ou les maisons médicales.

A cette occasion elle a annoncé « des choses vont se mettre en place très rapidement », dans la mémoire,  sans aucun doute de ses propres propos de 2010, très critiques à l’égard du gouvernement alors en place  : « Les personnels hospitaliers n’ont pas besoin de la compassion de leur ministre ou des visites de courtoisie du président de la République. Ils ont besoin de moyens leur permettant d’exercer leur mission avec la qualité et la réactivité nécessaires, là où des vies sont en jeu ».

Marisol Touraine a rassuré son public, en lui signifiant qu’une page est tournée : «Pendant des années, on a voulu faire comme si le service public hospitalier, c’était la même chose que les établissements privés», et soulignant que le service public fonctionne « 24 heures sur 24, 365 jours par an ». En évoquant ainsi la convergence tarifaire entre hôpital et clinique, si fortement dénoncée par les hospitaliers, elle a donné écho  aux promesses du candidat François Hollande d’en finir avec la notion d’hôpital entreprise promue sous l’ère de son prédécesseur. Si les promesses sont tenues, il y aura retour à des tarifs spécifiques entre les secteurs privés et publics mais aussi annulation du volet hospitalier de la loi Hôpital patient santé territoire (HPST)  et révision du principe de la tarification à l’activité (T2A).

Un programme d’emblée très chargé…

 

 

 

Consulter le décret du 16 mai 2012 relatif à la composition du Gouvernement.

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