PEP : lettre ouverte à la CNAMTS

 

Lettre ouverte adressée fin mars 2013 à Monsieur Fédéric Van Roekeghem, directeur général de la CNAMTS

Monsieur le Directeur Général,

La parution de l’arrêté de nomenclature en date du 27 mars, est un très mauvais signal envoyé aux laboratoires de biologie médicale, aux biologistes et à leurs 45000 salariés. En effet cet arrêté représente 456 millions d’euros sur la période 2013/2017 soit bien plus que ce qui avait été demandé dans le rapport Igas/IGF.

Le « hasard » veut que cet arrêté paraisse au lendemain d’un vote à l’Assemblée Nationale entérinant une réforme qui va lourdement augmenter les charges de nos structures et qui coïncide avec une baisse d’activité qui semble être durable. Autant dire que le PLFSS 2014 sera déterminant pour les entrepreneurs que sont les biologistes et qui commencent à voir leur trésorerie passer au rouge.

  • Ou ces baisses sont conjoncturelles, ce que l’on prend dans les laboratoires et les radiologues étant destiné à revaloriser les autres professions de santé et vous devez comprendre qu’après 7 ans de baisses consécutives, vous êtes au bout de l’exercice. La biologie n’a tout simplement plus les ressources pour être la variable d’ajustement du système de soin.
  • Ou la biologie médicale est encore sollicitée à quel que titre que ce soit dans le PLFSS 2014 et les biologistes comprendront qu’il s’agit d’une volonté claire des tutelles pour aller vers une biologie libérale industrielle concentrée autour d’un nombre réduit de plateaux techniques.

Nous devrons alors, en tant que chefs d’entreprises, nous désengager au maximum de la proximité qui représente les deux tiers de nos coûts avec les conséquences sur l’emploi et l’organisation des soins qui en découleront et qui seront de votre seule responsabilité. Comme il s’agit évidemment d’un enjeu local regardant nos 500 000 patients quotidiens, qui auront moins accès aux laboratoires, nous saurons en faire un sujet de débat au cours des municipales de 2014. Conscient des difficultés économiques de la protection sociale, nous voulons rester dans un concept de budget maitrisé comme il l’est depuis 2006 pour la biologie médicale, ce qui n’est pas le cas, loin de là, pour d’autres secteurs de santé, qui méritent la même sollicitude que vous avez eu à notre égard.

La Plateforme d’Exercice Professionnel a des propositions concrètes à faire pour que ce budget reste maitrisé dans le cadre d’une biologie médicale de proximité actuelle, nous vous demandons, une fois de plus, de bien vouloir l’écouter au plus vite et de façon sérieuse, comme cela a pu être fait en décembre dernier.

Au travers de la PEP, c’est la profession entière qui vous adresse ses respects.

Les délégués de la PEP, R. Fabre (Labster), T. Bouchet (BPR), E. Couelle (Labco), F. Blanchecotte (SDB), C. Cohen (SNMB), D. Caillat (SLBC) D. Benchetrit (SBLE)  François Cornu (SBBPL) A. Le Meur (APBM)

La Plateforme d’Exercice Professionnel (PEP) regroupe tous les syndicats nationaux et régionaux, les réseaux de laboratoires, les syndicats de jeunes biologistes et les associations. L’urgence de la situation économique et l’absence de dialogue constructif avec les tutelles ont poussé l’ensemble de ces acteurs à se regrouper pour faire entendre une vérité commune à tous : la direction économique prise par les pouvoirs publics condamne la biologie médicale française.

Ce contenu a été publié dans actualités de la PEP, Politique syndicale, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.