Lutter contre le développement des résistances aux antibiotiques

L’Agence nationale de sûreté du médicament et des produits de santé (Ansm) a publié un rapport intitulé « Évolution des consommations d’antibiotiques en France entre 2000 et 2012″.

En France, sous l’égide du ministère des Affaires Sociales et de la Santé, un troisième plan pluriannuel a été mis en place pour la période 2011-2016. Dans un contexte qui se caractérise par le développement des situations d’impasse thérapeutique, ce nouveau plan vise à une juste utilisation des antibiotiques, en s’articulant autour de trois axes stratégiques :

  1. Améliorer l’efficacité de la prise en charge des patients ;
  2. Préserver l’efficacité des antibiotiques ;
  3. Promouvoir la recherche.

Cet objectif est d’autant plus prioritaire que la consommation d’antibiotiques en France est élevée : elle se situe à un niveau nettement supérieur à la moyenne européenne. Pour évaluer les résultats déjà obtenus, et mieux définir des axes de progrès, une connaissance précise des caractéristiques de la consommation d’antibiotiques et de son évolution est donc indispensable. Elle s’inscrit, de surcroît, dans les préoccupations du nouveau Plan Antibiotiques qui fixe désormais un objectif chiffré en matière de réduction des consommations : – 25 % d’ici 2016.

Aussi, depuis deux ans, l’ANSM a-t-elle entrepris de réunir et de publier chaque année, sous une forme synthétique, les principales données dont elle dispose. Ce nouveau rapport présente également les principaux enseignements que l’on peut dégager des premiers chiffres de l’année 2012.

Consulter le rapport.

Faits marquants en chiffres :

  • Entre 2002 et 2012, la consommation d’antibiotiques a baissé de 9 %, mais a augmenté de 3 % ces 5 dernières années.
  • Les antibiotiques représentent un chiffre d’affaires, exprimé en prix fabricant, de 780 M€ (640 M€ en ville et 140 M€ à l’hôpital). En volume, 90 % de la consommation d’antibiotiques se fait dans le secteur de ville et 10 % à l’hôpital. En 2011, les génériques d’antibiotiques ont représenté 78 % de la consommation d’antibiotiques en ville. L’exposition aux antibiotiques est élevée à l’hôpital où environ 4 patients hospitalisés sur 10 reçoivent, un jour donné, une dose d’antibiotique.
  • En ville, 70 % des prescriptions d’antibiotiques sont réalisées par un médecin généraliste, dont 11 % ayant pour origine une prescription hospitalière (part qui augmente chaque année).
  • Les femmes représentent 57,3 % des consommateurs d’antibiotiques contre 42,7 % pour les hommes.
  • Il faut noter des différences régionales avec un écart proche de 30 % entre la région dont la consommation (de ville) est la plus élevée et celle qui est la plus faible.
  • Les antibiotiques les plus consommés sont :
    • en ville, l’amoxicilline (32 % de la consommation totale).
    • à l’hôpital, l’amoxicilline associé à l’acide clavulanique (33 % de la consommation totale), un des antibiotiques les plus générateurs de résistances.
  • Il en est de même de l’exposition croissante aux céphalosporines de 3e génération (en ville et à l’hôpital) et aux carbapenems (dont la consommation a doublé en 10 ans à l’hôpital). >Le développement de résistances est d’autant plus préoccupant que le nombre de substances actives disponibles diminue (- 29 entre 2000 et 2012), que seulement 11 nouvelles substances actives ont été développées.

La France reste un des plus gros consommateurs européens d’antibiotiques avec une consommation moyenne supérieure de 30 % à la moyenne européenne, spécialement par rapport aux pays de l’Europe du Nord.

 

 

 

 

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