clostridium difficile 027

En PACA, un risque d’épidémie « modéré »

Depuis mars 2013, dans 6 établissements sanitaires et médicosociaux accueillant des personnes âgées dans les Bouches-du-Rhône, 41 personnes ont été atteintes d’une infection à Clostridium difficile 027  dans les Bouches-du-Rhône. Il s’agit d’une souche nouvelle dans notre région, clone de Clostridium difficile, de caractère plus sévère que la souche originelle car cette souche mutante est particulièrement résistante. « Cette souche est dangereuse car très contagieuse », affirme le Pr Didier Raoult, directeur du laboratoire de virologie de l’Hôpital de la Timone à Marseille.

Selon le Dr Pierre Edouard Fournier, du Comité de lutte contre les maladies nosocomiales de l’APHM « Les établissements ont été alertés par l’ARS. Le risque d’épidémie est modéré actuellement. Les recommandations permettent de réagir et de prendre en charge les personnes dès qu’il y a suspicion d’infection. » Les personnes, porteurs du Clostridium difficile 027, doivent être isolées et soumises à des mesures d’hygiène très strictes, pour elles mais aussi le personnel et les familles. « Effectivement, cette bactérie est résistante aux solutés hydro-alcoolique utilisés par le personnel soignant pour se désinfecter les mains de même qu’aux produits de nettoyages couramment utilisés dans les hôpitaux » confirme le Dr Jean-Christophe Delarozière de l’Antenne régionale de lutte contre les infections nosocomiales (ARLIN). Il convient donc de revenir à l’utilisation de l’eau de javel ou du savon doux pour lutter contre ces germes résistants et d’adapter le traitement, réhydratation, antibiothérapie et quelquefois traitement chirurgical pour les patients les plus atteints.
Plusieurs actions sont menées :
– accompagnement des établissements dans la mise en place des protocoles d’hygiène et de prise en charge ;
– information des professionnels de santé dans les établissements ;
– sensibilisation en cours des médecins libéraux.
Consulter le communiqué de presse de l’ARS PACA

le Clostridium difficile 027 en détails

Depuis 2003 aux Etats-Unis et au Canada  et depuis 2005 en Europe on constate une augmentation de l’incidence des infections à CD (ICD), liée à l’émergence et à la dissémination rapide sous forme épidémique d’un clone particulièrement virulent de CD, dénommé 027 en référence à son profil par PCR-ribotypage.

Les ICD sont la première cause des diarrhées nosocomiales, seules les souches produisant des toxines sont pathogènes. CD est responsable de 15 à 25 % des diarrhées post-antibiotiques dont la sévérité  est variable. Dans les formes simples, la diarrhée est en général modérée et les signes généraux sont souvent absents. Plus rarement, CD peut provoquer une inflammation sévère du colon (colite pseudomembraneuse). Dans de rares cas l’ICD peut être mortelle. Elle a déjà  été à l’origine d’une situation épidémique dans la région Nord-Pas de Calais en 2006-2007. Elle touche principalement les personnes âgées après un traitement antibiotique. Toute personne contaminée doit être orientée vers une place d’isolement en hôpital. Le traitement passe par une réhydratation intensive, un traitement antibiotique adapté et peut parfois nécessiter une intervention chirurgicale.

Le dépistage de la bactérie est facile : le diagnostic d’ICD repose sur la mise en évidence directe des toxines dans les selles ou sur l’isolement d’une souche toxinogène de C. difficile. Le diagnostic de certitude du clone épidémique 027 repose sur l’identification de son profil par PCR-ribotypage.  Afin d’assurer la surveillance de l’éventuelle dissémination de ce clone épidémique sur le territoire français ainsi que celle d’autres clones émergents, le Centre National de Référence des Bactéries Anaérobies et Botulisme a créé un réseau national de 6 laboratoires experts (un pour chaque inter-région des C-CLIN), capables de réaliser le typage des souches de Clostridium difficile isolées de cas groupés ou de cas sévères. Ce typage comporte systématiquement :

  1. La confirmation du caractère toxinogène de la souche par détection des fragments A3 et B1 des toxines TcdA et TcdB – (1ère étape du toxinotypage) ;
  2. La PCR ribotypage pour identifier les principaux PCR ribotypes (001, 002, 005, « 014/020/077 », 015, 017, 027, 053, « 078/126 », 106) et/ou le caractère clonal des souches envoyées;
  3. Antibiogramme (érythromycine, clindamycine, moxifloxacine, métronidazole, vancomycine, tétracycline).

Typage Clostridium 027 :  modalités pratiques

  • Les laboratoires experts assureront exclusivement l’analyse de souches isolées de prélèvements cliniques, dans le cadre d’infections à C. difficile ayant donné lieu à un signalement à l’ARS et au C-CLIN (forme sévère et/ou épidémique), et seulement après appel téléphonique du laboratoire demandeur pour sélection des souches à expertiser, Coordonnées complètes des laboratoires experts et répartition régionale;
  • Une feuille de renseignements doit être remplie pour chaque souche envoyée au laboratoire expert. Télécharger la fiche de renseignements cliniques ;
  • Les recommandations pour l’envoi des souches de Clostridium difficile pour expertise sont rappelées dans une fiche. Télécharger les  Recommandations Clostridium difficile ;
  • Les laboratoires experts ne réaliseront pas de coprocultures en anaérobiose pour les laboratoires ne disposant pas de cette technique. Dans ce cas, le laboratoire demandeur devra d’abord sous-traiter cette analyse au laboratoire le plus proche disposant de cette technique (CHU par exemple) ;
  • Le laboratoire expert rendra directement les résultats de ces analyses au laboratoire demandeur.
  • Les résultats de typage bactérien sont également enregistrés sur un site web sécurisé dont le serveur se trouve à l’Institut Pasteur. Ce site permet à chaque laboratoire expert ou associé d’enregistrer les caractéristiques des souches qui lui sont adressées et d’éditer un compte rendu des résultats. Ce site est consultable dans sa totalité par l’Institut de Veille Sanitaire, le CNR des Bactéries Anaérobies et son laboratoire associé. Les C-CLIN, les ARS et les laboratoires experts ont un accès restreint aux données de leur région ;
  • la capacité de chaque laboratoire expert est de 10 souches par semaine, avec un délai de réponse de 10 jours pour les 3 analyses citées précédemment.

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