Le suivi de la charge virale du CMV pour les receveurs d’allogreffes

cmvLa Haute autorité de la santé a publié son rapport d’évaluation de la mesure de la charge virale du cytomégalovirus par amplification génique chez les receveurs d’allogreffes.

Les infections à CMV sont endémiques et surviennent tout au long de l’année sans périodicité saisonnière. La séroprévalence est conditionnée par les conditions socio-économiques, elle est de l’ordre de 90 % dans certaines régions du monde (Afrique du sud, Inde, Brésil) et d’environ 50 % dans les pays occidentaux, ou moins comme en France. L’une des principales caractéristiques de ce virus est sa capacité de latence. Le virus CMV s’établit essentiellement dans les cellules de l’endothélium des vaisseaux, dans les cellules souches de la moelle osseuse et dans les monocytes du sang périphérique. De nombreux organes « hébergent » le virus. Ainsi, il peut être transmis à l’état de latence à un receveur d’allogreffe.

Le traitement préemptif est basé sur une mesure régulière de la charge virale. En effet, les patients dont la charge virale augmente sont plus à risque de développer une maladie à CMV. Cette stratégie nécessite une surveillance virologique régulière du patient et impose de définir les seuils « d’antigénémie leucocytaire » ou de « quantification du génome du CMV » pour chaque type de greffe afin d’initier sans retard le traitement.

Constatant l’homogénéité entre d’une part, la demande et d’autre part, les conclusions des recommandations identifiées et analysées et la position des organismes professionnels, les conclusions du rapport sont en faveur de l’intérêt de la recherche du génome du CMV par amplification génique après allogreffe et la HAS émet un avis favorable à l’inscription à la NABM de cet examen.

Le suivi de la charge virale du CMV par amplification génique (PCR CMV) trouve sa place dans le suivi d’un traitement préemptif et d’un traitement de la maladie à CMV. Le résultat obtenu est quantitatif, exprimé en unités internationales. Le suivi est préférablement réalisé sur un même type d’échantillon, avec la même technique et dans un même laboratoire selon ces critères :

  • Au cours d’un traitement préemptif, le suivi de la charge virale par PCR CMV est hebdomadaire durant trois à quatre mois après allogreffe ;
  • Au cours d’un traitement antiviral de la maladie à CMV, le suivi est hebdomadaire, et l’arrêt du traitement est envisagé après deux résultats consécutifs avec une charge virale indétectable.
  • Dans un suivi du traitement préemptif, le seuil au-delà duquel le traitement est à initier, est défini à l’issue d’une discussion clinico-biologique en fonction de la technique PCR utilisée et des caractéristiques des patients.

Aucun consensus n’a été identifié sur le suivi de la charge virale au cours d’un traitement par prophylaxie. Les données recueillies ne permettent pas de conclure à l’utilité du suivi de la charge virale par PCR au cours de la prophylaxie.

Consulter l’argmentaire du rapport d’évaluation de la mesure de la charge virale du cytomégalovirus par amplification génique chez les receveurs d’allogreffes publié en juillet 2015 par la HAS : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2015-08/argumentaire_cmv_vd.pdf
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