HAS : fiche de bon usage du dosage de la vitamine C

La HAS a donné son avis sur le bon usage du dosage de la vitamine C

Le dosage de la vitamine C dans le sang est inscrit à la liste complémentaire du Référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN) et, avec plus de 40 000 dosages déclarés à la DGOS par les établissements de santé français en 2016, représente un coût de plus d’un million d’euros. En marge du scorbut, les indications qui pourraient expliquer le recours à ce dosage n’apparaissent pas d’emblée évidentes, comme en attestent les résultats d’une enquête de pratiques hospitalière menée par la HAS auprès de onze établissements de santé, qui ont montré une forte hétérogénéité des indications de prescription en fonction des établissements. Dans ce contexte, la HAS a décidé de s’autosaisir afin de déterminer si l’utilisation du dosage sanguin de la vitamine C pourrait justifier d’une inscription à la Nomenclature des actes de biologie médicale (NABM) dans un ou plusieurs des principaux contextes d’utilisation de ce dosage rapportés par les établissements de santé, à savoir : chirurgie bariatrique, dénutrition, malabsorption digestive, nutrition artificielle et dialyse. La confirmation biologique de diagnostic de scorbut suspecté cliniquement a été considérée comme une indication acquise.

La fiche de bon usage édité en juillet 2018, indique :

  • fiabilité du test limitée par de nombreuses difficultés pré- et post-analytiques
  • absence de standardisation des valeurs « normales » et « pathologiques »
  • influence de l’existence d’un syndrome inflammatoire (souvent présent chez les patients concernés) qui diminuerait les taux sanguins de vitamine C par redistribution de la vitamine C plasmatique vers les cellules ;
  • relation mal connue entre les concentrations sanguines mesurées ponctuellement et l’état réel des réserves en vitamine C du patient.

La fiche de bon usage recommande :

  • Supplémentation plus appropriée que le dosage : la HAS observe que les patients concernés par une suspicion de déficit en vitamine C présentent fréquemment des carences multiples et qu’une supplémentation multivitaminique systématique apparaît donc généralement plus appropriée que l’exploration exhaustive de statuts vitaminiques. En outre, l’administration empirique de vitamine C est moins coûteuse que le dosage et ne présente aucun risque toxique aux doses classiquement recommandées
  • Utilité du dosage très limitée, restreinte à certaines situations de patients montrant des symptômes caractéristiques de carence profonde prolongée (suspicion de scorbut). Ces patients étant généralement pris en charge en milieu hospitalier, la HAS estime qu’une inscription à la Nomenclature des actes de biologie médicale n’apparaît pas nécessaire.
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